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Ma vie au village - 89

Sapés de chipes couleur de terre, laquelle sur qui passent les trains, doucement l'on s'éteint, visibles mais ailleurs, si loin d'une possible reconnaissance des faces ;

nos yeux pourtant, son regard, cette manière qu'avons de ne pas être là et de prendre au travers, d'avoir dans les pupilles l'image de la rivière en nuances de sable gris, le noir de voûte aussi de sa nuit noire et verte, son allure de gisante entaillée sous la guimpe, au cou, les trous de sa bourre grignotée par les flammes, sa douleur d'écorcée ;

comme dans les villes parfois où n'allons que faussement danser
d'autres sont similaires qui se retirent, s'effacent,

ceux-là des réprouvés

Paysages du ciel

Sort ce jour le nouvel album de Masal - Jean-Paul Prat : Paysages du ciel.



Extrait d'un texte écrit pour l'occasion, au regard (sans prétention) de l’œuvre choisie par Pierre Soulages qui accompagne les 54 minutes de cette épopée musicale, parce que je ne saurai dire autrement :

...

le couteau noir de la ligne
en avant de ce que l'on voit
tout ce qui vient danse en soi
les mondes et leurs abîmes
le quatrain vif des vents
leurs courbes incertaines
l'au-dessous vers
le vert regard
des choses
qui vont
où personne ne sait
sinon le cœur-silence
et l'on voudrait passer
derrière l'idée du temps
ce qui fut ou sera de nous
être en l'un l'immobile
paré d'une joie secrète
tatoué de l'immense
et du verbe fragile

...


Making-of de l'album et présentation de Jean-Paul Prat

Paysages du ciel
Format CD et double vinyle

Piano : Jean-Paul Prat
Basse : Philippe Bussonnet
Batterie, Marimba : Jean Prat
Xylophone : Raphaël Aggery
Saxophone alto et soprano : Vincent Brizoux
Saxophone ténor : Eric Prost
Guitare acoustique/électrique : Jean-Pascal Boffo et Steve Marsala
Violon, alto : François Michaud
Clavier : Jean Prat
Trompette, Bugle : Thierry Amiot, Augustin Héraud
Cor d'harmonie : Michel Molinaro, Joël Nicod
Trombones : Hugo Soggia, Philippe Cauchy
Orchestre symphonique de Budapest :
Chef d'orchestre : François Rousselot
Premier violon : Nathan Giem
Ingénieurs du son : Jean-Prat, Mathieu Gaud et Rémi Lebbos
Composé, arrangé et orchestré par Jean-Paul Prat


https://www.paniermusique.fr/masal-jean-paul-prat/1568-masal-jean-paul-prat-paysages-du-ciel-3760231763965.html 
image cliquable pour aller vers


Ma vie au village - 88

La table en teinte de bété sur qui près d'une fenêtre
                                     [je note des mots venant d'où,
tambours comme heurtant les veinules rouges du rideau,
cette couperose de la phrase dans l'orange de la cervelle,

sous les taches que j'ai faites, bavures d'encre, de café,
la mémoire des forêts que nous avons tuées,

trop d'oiseaux qui m'entêtent d'elles

Ma vie au village - 87

Tous mes rêves d'écrits sont dans ce végétal tombeau, proie des blanches fourmis. Ce bois creusé de rayon là, est-il le corps de mon enfance.
Le corps banal de la vie.

Toi, sylvifique pourtant, qui de moi ne sort plus, cerne et m'absorbe l'intérieur, image de la violence aussi, la férocité d'un certain état du monde, des mâles principautés, de ses fûts dressés en conquête d'un ciel prétendu qui me tiennent en lisière. Pour l'instant je vis dans tes friches, celles qui sont devant, un peu sur le côté, sinon tu me suffoques. Retour au terrain vague des livres d'autrefois.

Je n'entre plus en toi que par la route qui traverse, encore est-ce fuyant ton ventre énorme, sa douleur d'accoucher les villes mégantesques dont tu ne voulais pas. Et même te contournant tu serais face à moi, l'écrit disant tu me poursuis. N'ai repos qu'en un dénuement, une zone de clairière.

Installation océanique 2 et notice


installation océanique 2

installation océanique 2

Embarqués à Ureca, la sombre plage de Bioko, qui est l'ancienne Ilha Formosa du portugais Fernando Póo, ils naufragèrent j'imagine, bien qu'une petite distance sépare du continent le surplomb volcanique. Je crois que ce sont eux, ici, morts de s'être exténué, sur les rochers qu'entourent leurs bras en geste familier, en étreinte discrète, car ils furent d'heureux amants, hélas contraints à fuir un jugement pervers.