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Installation océanique

Installation océanique 1




Installation océanique 2
Installation océanique 3
Installation océanique 4






















  Plasticien : Atlantique
  Lieu : Littoral du Cameroun
  Dates : toute l'année

86 de Ma vie au village et 10 du glossaire incertain

Ne suis-je plus qu'une ombre sur la véranda à qui l'on porte un peu de pitance, du gésier de poulet, une silhouette qui s'efface, ou comme une forme humaine en peinture chinoise assise au bord de l'eau. J'incruste encore le papier, une main me grattera la face au couteau.

Sommeilleux dans l'immobile à guetter l'occasion, le voyage, et demeurant souvent sans rien attendre, je pars du récepteur organique, de sa fixité mouvante. L’œil reçoit ce qu'il regarde, puis la vision se forme à l'intérieur de lui. Que dit le devant moi, à portée, je l'ignore. Peut-être est-il en nous un autre que le langage humain, un secret parler comme celui des choses, des plantes et des bêtes, communiquant avec l'immensité ou le plus petit rien, la luciole d'hier au coin de la fenêtre, la blancheur minuscule d'une fleur de gramine. Lâcher les mots pour cet idiome, sa fluidité. L'image de la vision, alors en l’œil, est une voix. Je l'écoute qui ne parle pas, je la regarde aussi, je m'étonne. 

Ma vie au village - 85

Des cafards crevés, fruits (secs) de l'absence (de moi). déverbage de pluie. le carrelage de l'ennui frotté au savon noir. Puis l'interrogation que t'auras tout manqué peut-être. les amours infernales. de n'avoir pas assez marché. pas vu sur l'eau des vitres les reflets qu'ensuite longtemps tu peux pister avec un sentiment intérieur à la peau. que cette brutalité te sortait du mensonge, de le destin commun d'une couenne universelle. mais les autres aussi. non. adeptes du rut contractuel et de l'infidélité, du sexe réglé par un serment. Jurons contre la nuit, l'allergie de, la lune, les chiens. la prose statique.

Matin de chasse au rat ou d'un porc évadé, tu penses à ses yeux qui deviennent humains.

La ville là-bas est faite de la glose des pas, d'un urbanisme de l'intime, des multiples socialités, l'au jour le jour des traces dans la rigole et la chair des marchants, une autre mémoire. Où tu mets le pied, la main, la place encore du feu. Hors la ligne. Dedans, c'est pour la nuit et la multiple ombre diurne. Cependant il faut penser le tout-à-l’égout. Au pourtour du centre (où les Pouvoirs) ce n'est pas de fabrique et non plus comme on dit que ça s'agglutine mais on s'arrête sur la position de l'instant, au surplomb du temps, aussi prenant la part que nous laisse l'invisible puissance qui a remplacé le vieux dieu. 

Poème d'amour et de Pygmésie (3)


et la mer était
tout le temps là
dans tes cheveux

en ruisseau le long
des filets verts
au creux

des mains qui halaient
le poisson et le cœur
en nous

d'un matin
goût citron
couleur de chair sanguine

puis une auto
nous emmenait
faire le marché

puiser le vent
sur la terrasse
chez Thérèse

jusqu'à pas d'heure
où rentrer se laver
dormir

et cueillir le sel de la nuit

Publié initialement sur le site Les Cosaques des Frontières

Poème d'amour et de Pygmésie (2)


plage - littoral Cameroun















nous avons fui les chutes
où se noient des touristes
pour une piste verte
malgré la saison
tu trouvais ça joli
passé le port marchand
et les alignements
d'un village idéal

la mer par moment
peut-être étions loin d'elle
la voici là pourtant
après le vieux pressoir
toujours aller devant
puis s'arrêter enfin et
qu'importe où nous sommes

plus clair que ta peau
le sable ventre d'oiseau
sous les arbres qui penchent
aucun bruit de ciel
ni d'eau à l'écart
dans le secret

l'horizon nous sépare
une chose inhumaine
un rien moins que l'écume
ou la forêt derrière
comme un tombeau

allons nous asseoir
sur la branche
près des éléphants
qui sommeillent

eux se souviendront
de nous du rêve
d'être ainsi

couchés dans le silence
à l'ombre

d'un chapeau



texte initialement publié sur Les Cosaques des Frontières