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notes à propos d'un paysage (9)

Las de l'Histoire défigurante, retrouver « ce » qui n'a jamais été et couvrir d'invisibilité nos corps couleurs sous vos sarcasmes, jeter aussi le tutélaire dans les vortex ─ le plus loin ou delà des lieux qui n'ont pas non plus d'existence, du soi seul façonner l'habitable d'un toi.

Les arbres naviguent autour, ah c'est la mer qui s'échappe,
eux ne vont jamais aux bords où le Brésil.

Nous ramons à la pompe
c'est le forage du temps
et le sexe couteau
évaporant la nuit

Conversation

Retour au village.

D'abord annoncer la parution prochaine de Conversation aux Éditions Qazaq.
Textes courts qui laissent le champ au silence, à la murmuration du cœur, avec un poème-préface de Zakane dont nous connaissons les mots et les espaces, des dessins à l'aquarelle d'Olivier Dende et un article d'Anne-Marguerite Garel "L'écriture comme mystique profane", paru sur son blog Rue des immeubles industriels.

extraits, lus par Anna Jouy


Contre la terre

Au rebord de la cicatrice
Sur le front d'une rouge trace
Battent de fins marteaux de chair
Le sol qui se penche et glisse

Et moi dans une brûlure
D'un monde à l'autre
Je passe




Tiassalé Ndouci 1998

Jolo #8 - à l'orbe de la nuit

Fils ! La ville t’appelle, mère tiède jusqu’en ses ombres
qu’animent de longs bras. Mensonge des lumières.
L’enfance qui s’enfuit dans l’épaisseur de l’air.
Et la blessure du temps, Jolo, qui n’est plus dans la chair.
Qui gîte dans l’esprit.
Qui t’enlace et t’exile à l’orbe de la nuit
dans le quartier loin de la case où se dévide encore
le fil qui coud ton nom, le tisse d’eau salée,
de la lourde tristesse des femmes qui n’ont plus enfanté
que des regrets… Un silence si blanc issu de l’à-côté
sous un pagne de brume.




Jolo (prononcer diolo) dans la langue des Bhétés de Côte d’Ivoire signifie bienfait, bénédiction, ce que l’homme recherche sur la terre.

Dagodio 1998 - Batouri 1999